Venise, Visioni Fugaci
Venise, Visioni Fugaci
Date : Du 2 au 24 Avril 2024
Lieu :
Médiathèque Hal Singer
85 Bd de la République
78400 Chatou, France
Rencontre avec l’artiste Emmanuel Faure samedi 6 avril de 15h à 17h
«Ma réponse un peu verte fit rire Madame de Pompadour, qui me demanda si j’étais vraiment de là-bas.
D’où donc ?
De Venise.
Venise, Madame, n’est pas là-bas ; elle est là-haut. »
Rencontre avec Louis XV-Histoire de ma vie.
Giacomo Casanova, Dux, 1789-1798
À Venise, on est submergé par les références cinématographiques, littéraires et musicales. S’il existe un endroit au monde qui exacerbe les passions artistiques, c’est bien ici.
Le XIXe siècle et l’avènement d’un tourisme romantique ont engendré l’idée d’une Venise décadente, en perdition ou en fin de vie, où il était de bon ton, comme Richard Wagner, de venir mourir. Pour moi au contraire, Venise est pleine de vie.
À Venise, pas de voiture, ni de vélo, pas de bruit de circulation, hormis ceux de la navigation. Je respire mieux.
A Venise, Je navigue, et surtout je marche. J’aime marcher, marcher encore, marcher longuement, franchir les ponts, longer les canaux, le nez en l’air, pour remplir mes yeux de tous les merveilleux détails des palais. Je me faufile dans la foule, j’entre dans les églises, les musées et me glisse à l’intérieur des palais par les portes entrebâillées.
A Venise, je marche inlassablement pour tenter d’épuiser les lieux.
Le plus grand plaisir que je puisse m’offrir à Venise, c’est bien cela : m’autoriser à arpenter sans but la cité. Car si l’on ne s’est pas perdu à dessein dans ses canaux et ses Calli labyrinthiques en tentant de fuir le touriste de Saint-Marc, si l’on ne s’est pas heurté mille fois à un cul-de-sac ou à un calle débouchant sur un canal, on n’a pas vraiment vu Venise.
À Venise, je me laisse imprégner par les bruits : les cloches des vêpres qui carillonnent, le ronronnement des vaporetti du Grand Canal, les appels du gondolier, le murmure de la foule cosmopolite près de San Marco…
À Venise, j’écoute de la musique, je médite, je lis, je rêve.
À Venise, je prends le temps de savourer un cappuccino au comptoir d’un café, de m’arrêter sur une place en face d’un monument éternel pour lire un chapitre du livre qui m’accompagne, de prendre le Vaporetto 1 pour embrasser le Grand Canal, installé à l’avant, cheveux au vent.
À Venise, je m’autorise le luxe inouï de prendre mon temps, de l’arrêter et aussi de le « perdre ».
On ne peut pas ne pas revenir à Venise ; c’est ce qui est arrivé à Philippe Sollers, un soir de 1963, lorsqu’il a « fait tomber ses valises devant le choc de voir la place Saint-Marc ». Il n’a cessé ensuite de revenir.
Épuiser ce lieu, ce lieu qui m’épuise, et puis partir. Mais partir pour revenir, car une fois de retour chez moi, je n’aurai bientôt qu’une obsession : y retourner, aimanté comme tous par la cité de la beauté sur terre.
Venise est une passion, une passion libre, la plus libre de toutes. D’ailleurs, son nom même signifie en latin « Reviens encore », « Veni etiam ».
Morand disait : « Je reste insensible au ridicule d’écrire sur Venise ». J’ai la même audace en osant en rapporter ces photos et en dévoilant quelques instantanés de cette ville magique. Venise est la beauté qui vous foudroie à chaque coin de rue, à tel point qu’il faut vraiment le faire exprès pour rater une photo.
De mes divers séjours dans la cité des Doges, j’ai donc voulu rapporter mes « éblouissements », des endroits emblématiques de Venise, des moments et des jeux de lumière envoûtants qui m’ont touché, des petits détails qui ont su captiver mon regard.
Puis j’ai voulu les relier, par correspondance, à des extraits de textes, des citations et des musiques qui me venaient à l’esprit afin de leur donner un écrin, les illustrer, les magnifier et ainsi créer une expérience esthétique et émotionnelle à la fois plus riche et plus vaste.
C’est cette expérience que je souhaite partager avec vous aujourd’hui.
J’espère que vous éprouverez autant de plaisir à contempler ces moments de grâce hors du temps que j’en ai pris à les saisir.
Emmanuel Faure